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Sauvez les Femen en Tunisie !

A l'initiative de la LDIF, les associations signataires ont publié un communiqué de soutien aux Femen. Elles saluent les propos de la Ministre des droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem, qui s'est déclarée « préoccupée » par le traitement réservé aux deux françaises Marguetite Stern, Pauline Hillier et une allemande Joséphine Markmann venue soutenir les Femen en Tunisie. La ministre assure suivre « avec attention leur situation en liaison avec les autorités tunisiennes ». Au moment où Amina Sboui « Tyler », la première Femen tunisienne, faisait face à ses juges au tribunal de Kairouan, pour avoir tagué « Femen » sur le muret d'un cimetière, trois militantes européennes des Femen qui manifestaient au centre de Tunis, en short et seins nus en signe de solidarité avec Amina, ont été arrêtées. Elles seront jugées pour outrage aux bonnes mœurs le 5 juin.Les associations s’insurgent contre le traitement réservé aux FEMEN dont le seul tort est d’affirmer le droit des femmes à disposer librement de leur corps. La réaffirmation d’un droit inaliénable ne saurait faire l’objet de mesure répressive ou de jugement moral. Face à la régression des droits des femmes imposée dans de nombreux pays à travers le monde, au nom de prescriptions religieuses ou attribuées aux religions, les Femen représentent une façon radicale de dire « stop » et de réaffirmer l’égalité entre les femmes et les hommes .

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Suite de l'actualité:

Tunis : le procès des trois militantes Femen reporté au 12 juin – AFP - 5 juin 2013

Dans l'intervalle, les trois femmes, une Allemande et deux Françaises, restent en détention. Parallèlement, deux autres femmes accusées d'appartenir au mouvement, une Biélorusse et une Ukrainienne, ont été expulsées du pays.

Le procès des trois militantes européennes de Femen ayant manifesté seins nus à Tunis a été reporté ce mercredi au 12 jui. D'ici là, les accusées resteront en détention, selon leurs avocats. La suite du procès «est reportée au 12 juin, la demande de liberté conditionnelle pour les trois Femen a été refusée», a indiqué Me Souheib Bahri. Le juge a renvoyé le procès afin de pouvoir trancher à cette date sur la demande de plusieurs associations islamistes qui veulent se constituer partie civile.

Me Patrick Klugman, venu de Paris pour représenter le mouvement et les familles des trois accusées, a dénoncé cette décision. «Le tribunal, sans même donner la parole aux Femen, a donné raison sur toute la ligne aux associations salafistes qui ne sont même pas partie dans ce procès», a dénoncé Me Klugman. «Nous étions venus depuis Paris pour observer ce procès. Ce procès n’a pas eu lieu, justice n’a pas été rendue puisqu’elles n’ont pas été libérées et n’ont même pas été entendues», a-t-il martelé.

Dans la matinée, le juge Karim Chebbi avait prononcé une interruption après que des avocats d’associations, notamment islamiste,s ont demandé à être parties civiles.

Une petite foule de quelques dizaines de personnes s’était rassemblée devant le palais de justice de Tunis où sont jugées deux Françaises, Pauline Hillier et Marguerite Stern, et l’Allemande Josephine Markmann, pour exprimer leur colère contre Femen. Vers 10h30, les trois jeunes femmes sont entrées dans la salle d’audience habillées du safsari, un voile traditionnel tunisien qui recouvre la femme de la tête aux pieds.

Maître Patrick Klugman, venu de France pour représenter les Femen et les familles des militantes, a indiqué avoir été autorisé à plaider, «un bon signe», et se disait optimiste, le parquet ayant décidé de fonder son accusation sur la notion de «débauche» et non sur l’atteinte aux bonnes mœurs. Ce délit reste passible de six mois ferme.

«On reproche aux Femen d’avoir commis un acte de débauche or l’infraction n’est pas constituée ni matériellement ni intellectuellement. Leur corps n’est pas un objet d’exhibition pour séduire mais un message politique (...) qui est contraire à la débauche», a-t-il expliqué à l’AFP. «Si on raisonne juridiquement, en aucun cas le tribunal, en respectant la loi, ne peut les condamner», a-t-il ajouté, assurant être aussi venu défendre «la liberté d’expression des femmes, des Femen et leur message». «Nous allons demander qu’on écoute ces Femen au lieu de les regarder», a conclu Me Klugman.

Deux expulsions

Les militantes jugées avaient mené la première action seins nus de Femen du monde arabe le 29 mai en soutien à Amina Sbouï, une activiste tunisienne détenue depuis le 19 mai et qui doit être entendue par un juge d’instruction mercredi dans le cadre de poursuites pour atteinte aux bonnes mœurs et profanation de sépulture.

Le tribunal de Kairouan (centre) où l’interrogatoire est prévu était sous surveillance policière dans la matinée, selon un photographe de l’AFP, de peur de débordements, Amina ayant été arrêtée après avoir peint «FEMEN» sur un muret mitoyen d’un cimetière musulman pour dénoncer un rassemblement de la mouvance salafiste. Le contenu de cette audition ne devrait pas être rendu public en raison du secret de l’instruction.

Parallèlement, le ministère tunisien de l'Intérieur a expulsé une ukrainienne et bélarusse accusées d’appartenir au mouvement Femen, car elles s’apprêtaient à protester seins nus. Or, le groupe féministe a indiqué ne pas connaître ces femmes. «Une Ukrainienne appartenant au mouvement Femen ainsi qu’une Bélarusse ont été renvoyées (du pays) le 4 juin ainsi qu’une autre Ukrainienne le 5 juin», a indiqué le ministère dans un communiqué. «La mesure a été prise suite à l’obtention d’une information sûre selon laquelle elles s’apprêtaient à mener dévêtues une protestation devant le palais de Justice de Tunis», a-t-il indiqué.

Femen, contacté par l’AFP, a indiqué qu’une de ses dirigeantes, Alexandra Shevchenko a bien été expulsée mardi mais que les deux autres femmes mentionnées n’ont rien à voir avec le mouvement.

Ennahda n’a fait aucun commentaire sur l’offensive Femen bien qu’il en soit la cible première. Ce parti se défend régulièrement de vouloir s’attaquer aux acquis des Tunisiennes, car si la législation ne garantit pas l’égalité des sexes en Tunisie, les femmes disposent du statut le plus libéral du monde arabe depuis les années 1950. La dernière ébauche du projet de Constitution stipule que «tous les citoyens et citoyennes ont les mêmes droits et devoirs».

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Les Femen prient «Amina akbar» devant l’ambassade de Tunisie - Par Q.G.

«Amina akbar, Marguerite akbar, Pauline akbar, Joséphine akbar», ont scandé les Femen, à genoux, simulant une prière devant l’ambassade de Tunisie. Ce mercredi matin, pendant une dizaine de minutes, les militantes féministes ont protesté contre le procès qui s’ouvre à Tunis de trois membres de leur mouvement. Accusées de «débauche», ces activistes ont été arrêtées après une manifestation seins nus pour réclamer la libération d’Amina Tyler. Elle risque la prison ferme.

Ce matin à Paris, elles étaient dix à manifester, dont la blogueuse égyptienne Aliaa Elmahdy. Seins nus comme toujours, slogans inscrits sur le corps et sur des pancartes: «If Allah created me, he created me immoral [Si Allah m’a créée, il m’a créée immorale]» pouvait-on lire par exemple. Ou, «Il y aura des millions d’Amina», «Le printemps des femmes arrive».

Alors que pour une précédente manifestation de soutien à Amina, un important dispositif policier avait été déployé, les forces de l’ordre n’étaient pas présentes et les portes et les fenêtres de l’ambassade sont restées closes.

La manifestation s’est terminée dans le calme et les Femen, suivies des photographes, se sont redirigés vers la bouche de métro la plus proche où, finalement, elles ont été brièvement contrôlées par des policiers.

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Tribune : Libérer les Femen à Tunis

Alors que Amina et trois militantes Femen passent aujourd’hui devant la justice, nous appelons l’ensemble des défenseurs du droit des femmes et des droits humains à faire pression sur le gouvernement français et sa diplomatie. Ceux-ci doivent s’exprimer clairement concernant l’arrestation de deux militantes françaises et une militante allemande appartenant au mouvement Femen. Le 29 mai à Tunis, elles ont été interpellées lors d’une protestation devant le ministère de la Justice, en soutien à Amina Tyler, détenue depuis le 20 mai. Nous sollicitons symboliquement toutes les ministres «femmes» du gouvernement Hollande à prendre position en nous apportant leur signature et leur soutien. Amina Tyler, la militante Femen tunisienne, est accusée d’avoir «profané un cimetière», alors qu’elle a simplement écrit Femen sur un mur de la ville, où devait se tenir un congrès salafiste. Condamnée à une simple amende ce 30 mai, elle doit de nouveau passer en procès aujourd’hui dans le cadre de nouvelles poursuites pour atteinte aux bonnes mœurs et profanation de cimetière, délits passibles de six mois et deux ans de détention.

Le juge d’instruction en charge du dossier laisse la porte ouverte à des peines plus lourdes, invoquant une «association de malfaiteurs», laissant entendre que Amina avait pu agir en bande organisée. Les peines peuvent alors atteindre de six à douze ans de prison. Les militantes Femen venues en soutien à Tunis sont elles aussi sous le coup de la répression. Affirmons le droit aux femmes à disposer de leur corps, y compris comme moyen de protestation. En plus d’Amina, deux Françaises et une Allemande risquent les foudres de la loi tunisienne. La France comme l’Allemagne ne doivent pas accepter que leurs ressortissantes soient ainsi prises en otage. En Tunisie, de Chokri Belaïd à Amina Tyler, c’est la modernité, la laïcité, comme la liberté des femmes, qui sont mises en cause par l’islam politique radical. Nous soutenons le mouvement Femen qui a aucun moment n’a fait usage de la violence physique à l’inverse de leurs opposants qui les menacent de mort. Nous n’abandonnerons pas la pression tant que les Femen ne seront pas libérées. Et affirmons notre solidarité avec la jeunesse tunisienne qui refuse de voir son pays s’enfoncer dans la nuit islamiste.

Signataires :Nadia el-Fani Réalisatrice, Jean Ziegler Sociologue, Elisabeth Badinter Philosophe, Darina al-Joundi Comédienne, Henri Peña-Ruiz Philosophe, Safia Lebdi Conseillère régionale EE-LV, Michel Sitbon Editeur Jacques Gaillot Evêque de Partenia, Christelle Raspolini Insoumises, Nina Sankari Initiative féministe en Pologne, Loubna Méliane Insoumises, Carine Favier Coprésidente Planning familial, Smain Laacher Sociologue, Bouchera Azzouz Fondatrice des ateliers du féminisme populaire, Caroline Mécary Avocate, Lubna Azabal Comédienne, Ingrid Renaudin Insoumises, Agnès Jaoui Réalisatrice.

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