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La LDIF approuve cette réaction d’Arlette Zillberg

UNEF : il est temps de réduire la voilure ! (20 5 18)
Depuis la révolution iranienne de 1979, en France le voile est à la Une, et même le hidjab. Si, si ! Tu veux faire le buzz ? Tu veux pourrir une réunion de famille ? Rien de tel que mettre le voile sur la table.

Histoire de remettre 100 balles dans la machine, le 13 mai, la présidente de l'UNEF Paris4-Sorbonne, est apparue à la télé, portant hidjab et vêtements amples et longs, pour défendre la contestation étudiante de la loi ORE. Tempête sur les réseaux sociaux et dans les médias. 
Pendant ce temps, des iraniennes célébraient le premier anniversaire du mouvement "White Wednesdays", se dévoilant dans l'espace public et postant photos et vidéos sur les réseaux sociaux.

M'est alors venue une petite réflexion à la mode de Saussure* que je souhaite partager avec vous, et aussi avec les responsables et adhérent.es de l'UNEF. 

Petite analyse du signe VOILE :
- Le contexte du signifiant étant porteur de sens, reprenons : C'est l'histoire de l'UNEF qui conclut depuis quelques années des alliances électorales sur plusieurs sites universitaires, avec les Étudiants Musulmans de France, EMF, vecteurs des Frères musulmans. Pour rappel, le plus médiatique des Frères Musulmans est le prédicateur islamiste Tariq Ramadan. Cette confrérie ne fait pas mystère de son projet politique centré sur le sexisme, et a pour instrument de propagande, le voile.
- Le signifié du costume de madame Pougetoux ( hidjab + vêtements amples jusqu'aux pieds), outre sa charge symbolique, est un moyen de propagande pour un projet de société très inégalitaire qui va à l'encontre de tout projet émancipateur pour les femmes et de toute société démocratique moderne.

Les mots ont un sens. Les signes portés par une représentante élue, voile ou hidjab, doivent être analysés dans leur totalité. Nier leur dimension symbolique, les diluer dans des considérations qui n'ont rien à voir avec leur signifié, mais tout à voir avec un renoncement politique, augure mal des combats présents et à venir d'un syndicat.

Pourquoi l'UNEF nationale, venue à la rescousse de sa représentante locale fait-elle abstraction du signifié et choisit-elle le déni ? En opérant ce détournement sémantique, elle semble considérer qu'une femme dont le signifié renvoie à l'islam politique et qui s'exprime publiquement, est féministe et donc légitime pour représenter ce syndicat étudiant.

Pourquoi, dès lors qu'une "femme musulmane" prend la parole publiquement, devrait-elle être vue comme féministe, quel que soit le signifié du costume ? Outre que cela témoigne d'une vision englobante de "la femme musulmane" qui devrait être voilée, soumise et muette, cela relève d'un parti pris idéologique bien loin des réalités, et révélateur d'un mépris inouï qui frise l'essentialisme et le racisme !

Je ne ferai pas l'injure de prendre madame Pougetoux pour une sombre idiote qui vit dans une bulle de religiosité et n'est pas au courant de ce qui se joue aujourd'hui, à l'UNEF, en France et dans le monde. Par contre, face à des signifiants identiques, (la) voile et (le) voile, mais des signifiés bien différents, m'est avis que réduire la voilure serait salutaire, en ce qui concerne notre sujet.

Saussure (1857-1913) est considéré comme l'un des fondateurs de la linguistique moderne.

Arlette Zillberg

Blog d’Arlette Zillberg

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