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La LDIF se solidarise avec l’ Editorial d’EGALE

La LDIF se solidarise avec l’ Editorial d’EGALE à propos des incidents qui ont marqué le 8éme Congrès International des Recherches Féministes dans la Francophonie.

Le « CIRFF2018 » : capitulation et trahison -posté le 06/09/2018

Le 8e Congrès international des recherches féministes dans la francophonie (CIRFF) s’est tenu  à l’université de Nanterre du 27 au 31 août 2018.
Préalablement, un très mauvais film a été réalisé, par le Conseil « scientifique » du CIRFF.
 
Deux intervenantes — Christine le Doaré et Fatiha Boudjalhat  — ont été grossièrement déprogrammées d’un café de l’IEC « Conditions et contours d’un féminisme universaliste »  qui devait avoir lieu dans le cadre de ce congrès. On doit cette déprogrammation à la capitulation sans condition du Conseil « scientifique » du CIRFF devant les intimidations des nouveaux féminismes (racialiste, indigéniste, islamique, afro,  post colonial…) qui menaçaient de venir semer le trouble dans le débat !

La première intervenante — Christine Le Doaré —  dérangeait parce que, porte-parole des Vigilantes, féministe universaliste connue de longue date et ancienne porte-parole du Mouvement LGBT, elle a toujours défendu le féminisme solidaire, sans frontière d’aucune sorte. Christine Le Doaré explique que les femmes du monde entier subissent des discriminations et des violences communes (dues à un système patriarcal universel), et que d’autres discriminations, plus spécifiques, se surajoutent. Elle a toujours affirmé que diviser les femmes en communautés, en fonction de leur couleur, ethnie, religion, etc. ne sert que le système patriarcal et retarde l’émancipation globale des femmes, ainsi que l’égalité femmes-hommes. 

La seconde — Fatiha Boudjahlat —,  auteure d’un ouvrage récent intitulé Le Grand Détournement, dérangeait aussi car elle contredit avec constance   le relativisme culturel. Elle s’insurge contre la notion de féminisme « blanc », ne cautionne pas les dérives racialistes qui divisent les mouvements sociaux et politiques et pourfend sans relâche les ennemi.e.s de la laïcité.
 
On mesure par cette éviction incroyablement violente la puissance de feu des courants qui se déclarent féministes mais dont les objectifs sont bien éloignés de l’émancipation des femmes et de l’égalité femmes-hommes. Ils  ont trouvé les conditions de possibilité de leur domination dans la faiblesse des organisatrices du CIRFF. Depuis 1996, on voit les CIRFF successifs, de congrès en congrès, se laisser corrompre par une idéologie très agressive (jusqu’à la censure de cet  été 2018)  à l’encontre du féminisme universaliste.
 
Autres taches indélébiles qui marqueront pour toujours cette 8e manifestation du CIRFF :
 
La violence verbale et physique du STRASS, syndicat des travailleu.r.euse.s du sexe, à qui les responsables du CIRFF avaient pourtant ouvert des tribunes (neuf heures réparties en six tranches horaires pour un colloque de cinq jours) pour aucun temps de parole pour les abolitionnistes. Ce groupe qui se réclame du « féminisme pute » — degré au-dessous de zéro de la lutte pour l’émancipation des femmes ! — est en fait le lobby français de la prostitution.  On voit ici comment le féminisme peut être perverti en son contraire.
 
Le positionnement pro-prostitution du planning familial pourtant financé par des fonds publics, dans un pays  démocratique et abolitionniste… !!

À ces constats sans appel, il faut ajouter que des intellectuel.le.s, journalistes et universitaires (en nombre) sont complices, sans toutefois réussir à éteindre l’aspiration à l’universel qui éclaire encore un nombre incommensurable de femmes. En sont témoins les multiples prises de position et les soutiens (y compris des universitaires), qui n’ont cessé d’affluer depuis le mois de juillet 2018. 

Il est plus que temps de développer une synergie solidaire avec les féministes qui ont encore une lecture historique de la Capitulation et de ses conséquences, de refuser les pièges et l’instrumentalisation de mouvements qui se parent des habits du féminisme pour mieux le trahir. 
 
Nicole Fouché,
Modératrice « involontairement déprogrammée » du café de l’IEC, Vice-présidente de REFH (Réussir l'égalité Femmes-Hommes), Membre du Conseil d'orientation de l’Institut Emilie-du-Châtelet, Responsable de la Commission Europe et International de la CLEF,Chercheuse CNRS, CENA-Mondes américains-EHESS. 

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